UNE CROISIERE EN INDONESIE

Singapour-bukittinggi(Sumatra): ferry+15km velo(Ile batam,Indonesie)/Ferry 7h+20km velo(Sumatra)/79/129/102/98/39 km soit les 482 premiers km en Indonesie,le 9eme pays de ce 7eme voyage velo.Le 49eme ou je pedale(32:Europe,14:Asie,3:Afrique) et trimbale ma maison ambulante.Apres 12 jours de transition a Pekin puis Singapour,pas plus de 79 km de velo,6 heures d'avion.Apres le genial acceuil de Marc a Singapour,la piscine,les plats francais delicieux,le remorquage jusqu'au terminal ferries.Singapour en velo,c'est a la fois l'autoroute,une piste de F1,une centaines de vehicules roulant sur vous a chaque carrefour.Apres ce passage dans l'hyper contemporaine,moderne et surbondee societe,me voila sur un bateau,les vagues molles se perdent dans l'horizon ou ciel et terre se rejoignent.Des bateaux ancres,des cargots,des chalutiers,des plaisanciers,des sampans,des barques.Singapour deuxieme plus important port du monde derriere Rotterdam.La marime heteroclite,la beaute de la planete eau,deux fois plus vaste que la planete continent.Photos de Singapour qui dressent ses buildings dans la lumiere vaporeuse,des rangees de grues portiques impressionnantes. Debarquement a Batam.C'est magique,j'adore ca,ce changement brusque d'impression,de decor,de face des hommes devant vous chaque fois que l'on passe d'un pays a l'autre.J'ai des minutes de griserie intense.notre monde est ainsi,des etats,plus de 200,avec un heritage historique et culturel,une langue,une ecriture,une religion dominante,un chef d'etat un regime politique,un niveau de vie,une geographie,des interets touristiques,des nourritures,des boissons...differents.Du formidable,du tres triste,et tout ce qu'il y a entre.Donc premier contact avec l'Indonesie;Il est chaleureux,rassurant.Les indonesiens se montrent instantanement comme des amis.Pourquoi ne le seraient-ils pas?.L'acceuil est sympathique.Passage de douane,echange de monnaie,premier repas,vite fait,bien fait.On a le souci de vous alleger la vie.Elle est par essence assez lourde pour tout les hommes.nous devons nous soulager.Riz,poissons,sauces,cafe sont bons.C'est une super nouvelle,pendant 60 jours je mangerai avec plaisir.15 km velo depuis le port vers Nagoya...demain reveil a 5h pour le retour,j'embarque une seconde fois pour Sumatra.Nagoya est sous l'influence du riche petit pays voisin,les singapouriens viennent la pour un bol d'air.Les habitants sont affables,aimables,droles.Le petit ferry est plein a craquer,en 1ere classe on regarde une bonne T.V grand ecran,en 2nd les fauteuils sont usages,la T.V gresille.Je passe les 3/4 du trajet sur le pont baigne de lumiere,assis sur un sac de riz,je prononce mes premiers mots de bahasa.Chaque fois que l'on me demande ou je vais,je montre mon velo reste charge contre la balustrade babord.A Dumai,je suis invite par un prof. d'anglais a sa "homestay" pour la nuit.Inoubliable souvenir,petite ecole privee a domicile de perfectionnement pour 10-18 ans.Je participe a 3 classes,chaque eleve se presente en recitant son texte,je me presente a mon tour.Comme vous chers petits indonesiens je veux ameliorer mon parler anglais.J'ai le trac,1ere fois que je suis prof.d'anglais.Eleves dociles,appliques,naifs.Sur 10 filles,5 portent une robe et le voile musulmans.Je reponds a leurs questions curieuses.Mon travail,mon salaire,ma famille,combien de km en velo...Ils ne connaissent de la France que la tour Eiffel.Les autochtones de la rue eux connaissent les footballeurs:Zidane,Henry,Riberi...Le prof a 4 jeunes filles,il me dit aime la liberte de vie de nous autres.Eux ne peuvent avoir d'enfants sans etre maries,les moeurs sont rigoureuses.    L'asphalte est parfait,mou et lisse,les gens du bord de route sont chaleureux,m'encouragent avec "Hello mister"(100 fois ou +/un jour).Comme au Laos les enfants me tendent la paume de leurs mains.J'adore.Mais la circulation est incessante et la chaleur humide du climat equatorial est accablante.200km de bosses et de virages,j'ai la sensation d'etre sur un circuit geant pour enfants.Des vendeurs d'ananas dans des huttes le long de la route,arret rafraichissant de secours,je suis trempe de sueur,j'ai les jambes flasques,l'energie decomposee,a la recherche du bon souffle,incapable de forcer l'allure.5 lours d'adaptation,480km a la latitude de l'Equateur,des soucis avec les insectes,les moustiques en 1ere ligne,mais le reconfort de la bonne pitance,du cafe grains moulus au fond de la tasse,de la chaleur humaine des sumatrariens.15km de cote,la chaleur de ma peau est a un maximum inconnu.Je suis rossi,roti,je suis un poulet embroche sur un velo.Un ruisseau,mon crane farci sous le filet d'eau,c'est excellent mais court,l'evaporation est rapide.J'arrive a Bukittinggi ou je vais me reposer,sans avoir poser pied a terre,vainqueur de l'idee d'abandon que je chassais continuellement.("De justesse"=difficile mais aussi encourageant qualifiant de ce voyage). J'apercois des touristes pour la 1ere fois,les hotels sont complets;Je trouve enfin une petite piaule a 60 ruphias(5,2E),tres basique,mais sans odeurs genantes.Ah,les odeurs...c'est trop important.Le velo entre sans decroche les sacoches de la cour.Ballade en ville,la grande place et la tour horloge construite par le colon hollandais(rappels reguliers),la foule pudique,la bonhommie musulmane.Le bazar,ruelles d'echoppes,ambiance heureuse,enjouement general.La comparaison avec mon passage au Maroc est evidente.neanmoins,plus d'ordre,une autre nonchalence,du calme en plus,de l'application dans les facons,et plus simplement des choses,et des couleurs,des vies differentes font qu'entre le pays du nord-ouest africain et l'ile de Sumatra la parente est criante,la difference est frappante.  Depuis 2 semaines,la chaine tenait plus ou moins bien sur les pignons.Mon cable de derailleur arriere a pete.Je l'ai change,desormais tout va bien.L'effilochage donnait une tension incertaine.A+   Bukittinggi-Bengkulu:39km/2j detente a Maninjau lac/122/103/95/120/100/100/67 kilometres. Sumatra est belle,la nature est luxuriante jusqu'a magique.La vie pousse a merveille.Elle donne le desir d'y etre ne.Les autochtones ont bonnes mines,des sourires d'anges,une chaleur communicative.Ils n'engendrent pas la melancolie. Sur les routes il y a trop de traffic et donc de bruits,ce qui gache une partie du bon plaisir de mon parcours.Appendront-ils dans les jours futurs a marcher,monter un velo,faire du skate avec engouement? Ils sont jusqu'a 5 sur un scooter.Quatre femmes en tenue musulmanes blanches(robe et voile) a califourchon et en amazones sur une moto:Une photo anthologique.La societe est fortement de tradition musulmane,tres pudique,les femmes ont le corps cache(Quelques legers et droles debordements se passent de ci,de la),plus de 25% se couvrent du voile.Ils sont emplis de sagesse religieuse,fruit du temps qui muri bonnement,du respect d'autrui,de la bonne humeur de la croyance,les comportements sont dignesReussiraient-ils  a me convertir?.Ce sont de bonnes aides pour s'initier au bahasa(l'indonesien),tous petits profs de quelques minutes.Les indonesiens goutent a la vie dans une bonne affirmative.Au bord des routes la vegetation est exuberantes,l'herbe depasse le metre,il y a du foin pour 10 fois le charollais. Ils logent ou en ville,ou dans des petites villas le long des petites routes sinueuses qui traversent le relief de formation volcanique fait de bosses et de creux interminables.Contree de scooter,souvent seul vehicule d'une famille,jusqu'a 5 dessus,le bebe entre les bras d'un grand.Le pays ne voue aucun culte au cyclisme.J'ai vu quelques vieux velos sur les rares portions platesLa bicyclette est trop fatiguante,ils me prennent pour un heros.Deux jours de casse-pattes infernals,la route la plus en dos d'ane de tout mes voyages.Deux fois 100km de raides montees et descentes continues de courtes longeurs,changement de rythme incessant qui vous foudroit le muscle.Le jour suivant mes jambes vont mal,l'effet des bosses et d'avoir trop bu de boisson energissante.Une mauvaise dietetique peut s'averer le pire des ennemis.67km a souffrir dans un corps a la physiologie desequilibreeAux hotels economiques,les matelas sont durs et minces,les sommiers sont de planches,l'electricite deffectueuse,les rideaux deguenilles,les porte-manteaux devisses,les robinets fuient ou ne coulent pas...w.c turc,cuve d'eau un peu trouble,douche a la casserole en plastique."Hello mister","How are you?",et meme "I love you" sans en connaitre la traduction a tout bout de champ,je me sens le moins seul au monde,c'est a l'inverse du plus clair de mon temps en voyage velo.Une maison isolee m'a propose de manger du porc,il y a des insoumis du Coran qui evitent de faire parler d'eux.Une belle institutrice en tenue musulmane m'intrroge sur ma vie et mon aventure,devant moi qui empiffre une platee de riz-poisson plein de petits ecoliers en costumes de classes,short et cravate grenat les garcons,jupe longue grenat et chemise blanche les filles.Moments charmants.Les eleves indonesiens sont les plus heureux du monde,l'ecole c'est la vie belle.Ce sont de grands enfants.Tres gentils,le sourire facile,habituel,l'humeur egale et joviale,jamais colerique.Ils ont des visages d'innocents,agreables,ils sont beaux de leur simplicite.Parler un petit peu bahasa est plutot facile,la prononciation est sans detour,les mots sont simples,l'orthographe sans inutilite:Pied=Kaki,Tete=Kepala,Oeil=Mata,Table=Meja,Tomate+Tomat,Television=Televisi,Telephone=Telpon,Professeur=Guru,Boire=Minum.C'est une langue aux intonations fleuries,de multiples origines,nous sommes a la croisee de tout les mondes,de la terre entiere.Je pense avec certitude que dans un monde meilleur l'Esperanto serait la langue international  actuel.Ou bien le bahasa.Cette langue vous chatouille l'ouie,vous enveloppe,vous caresse calinement..Naif,candide,pacifique,jeune,joyeuse c'est pour le bahasa. Restaurant type indonesien:Une vitrine sous auvent devant la salle,exposes de grand plat profond de poissons et de viande en sauce,des legumes cuisines,des oeufs durs rougis au piment,des petits poissons grilles...On designe,on est servi derriere a table,avec du riz secGeneralement on vous en plus une petite salade de pousse de soja,de haricots verts,de pomme de terre...C'est la surprise du commerce.On se sert de louches,on mange avec cuillere et fourchette.Il y a un petit plat d'eau pour se rincer les doigts.De l'eau dans une choppe n'est jamais oubliee.Je demande toujours un the chaud pour accompagner mes repas.Le the indonesien est noir et parfume a la vanille,sevi bien sucre avec une cuillere pour remuer. Dans un village paradait une petite formation,devant un rang de 5 femmes et de 2 jeunes en mariage.Costumes fantastiques,ors et dorures,vert perroquet,rouge framboise.Le jeune elu porte une toque dore sur sa tete reveuse,l'epouse une coiffe extravagante de princesse,2 kilos d'or sur son sommet,des dentelles ouvragees aux effets de majeste.Tous en tenue longue de gala,les paupieres des femmes peintes  en bleu lagon,rouge poisson,vert canari.Derrier une cinquantaine de personnes suivent cette rangee superbe.Des enfants portent de larges ombrelles deployees apportant de l'ombre parfaite.Des hommes frappent sur des cymbales avec des baguettes,un autre souffle dans un gros cornet  Des ecoliers jouent au football sur un terrain herbeux pres de l'ecole.Pas de crane,une envie folle de se saisir du ballon pour aller au but.La cage est sans gardien mais une vachette broute la.Pouvez-vous me trouver plus drole?En Indonesie on joue au foot avec les vaches,a l'interieur des maisons,ailleurs ou l'on peut.Le sport premier dans le monde est populaire.90% des gens connaissent Zidane,40% michel Platini,a peine 5% Sarkozy. Une quarantaine d'hommes retraites de 60 a 75 ans sont assis entailleur tout autour d'une salle entierement recouverte de  beaux tapis musulmans aux couleurs chatoyantes.Ils se donnent en spectacle.En tenue traditionnelle,toque sur le chef,longue chemise ample,longue jupe large a carreaux,un kilt allonge,ils frappent de la main droite en cadence tous synchronises,un djambe tenu verticalement sur la cuisse.Quelques uns ont un gros micro entre 3 doigts,psalmodient des incantations repetitives et religieuses.Spectacle de la culture ancienne qui demeure vivante.Mes photos sont formidablement pittoresques.  La maison,la villa de la campagne indonesienne est petite de surface,une construction solide aux murs en beton,aux toits a plusieurs pans,avec des niches,pentus,aux effets de beaute,recouverts de lourdes tuiles bleues ou rouge profond.Les fenetres sont hautes a plus de 10 carreaux et nombreuses.Le carrelage couvre entierement le sol interieur,une partie des murs et une terrace ou se trouve une bergere.Le mobilier est minimum,un espace grand est laisse vide pour le passage des nombreuses visites et le plaisir d'etre la.Simple mais rustique,petite mais malgre tout vaste,des petites chambres derriere des portes de rideaux s'articulent autour du salon a tout faire,un escalier descend a un sous-sol ou se trouve une cuisine et la salle de bain-w.c. J'ai ete recu chez l'habitant dans un des innombrables villages jalonnant mon parcours.Quelle bonhommie.Quel simplicite presque enfantine de faire plaisir a l'etranger de passage en velo.Ils m'offrent tout ce qu'ils peuvent parce qu'ils ont aussi joie a se sentir exister par des voyageurs venus de loin.Eux qui probablement ne quitteront jamis leur terre natale.Je suis une distraction.L'indonesien sait s'amuser et rire innocement,parce que tout peut etre drole.Ils sont positifs,ils n'ont pas tort,ils voient le bon cote des choses.Je suis une matiere d'musement mais pas de moquerie.Ils ne prennent pas au serieux,defferents avec moi. Les jeunes filles adolescentes parlent un anglais restreint mais limpide.Une a le voile traditionel,ca passe sous le menton,couvre entierement la tete hors visage et descend jusqu'a mi-dos et sous la poitrine.Ils sont d'une seule couleur uni,blanc,bleu ou gris le plus souvent.Je bavarde prolixe,je me sens a l'aise au milieu de ces inconnus a la vie et aux origines si differentes de moi.Ce sont des etre humains avec des histoires tres autres,c'est tout.Je suis dans un gros fauteuil,autour ils sont plus de 20 du bebe encore dans le ventre de sa future maman jusqu'au plus anciens qui ont depasse les 80 printemps.Je me sers beaucoup de mon phrasebook pour dire des choses en bahasa,et ca se passe bien.Les gamins jouent avec un ballon degonfle dans la piece,une meme est allongee en chien de fusils a meme le sol,une jeune fille a cale sa tete sur une peluche,un homme d'age mur reste placide a fumer sur une chaise en rotin,un garcon est assis sur la selle de mon velo...Ilsont venus,voisins et amis,attires par ma precense.tous tres aimables,tous l'air heureux sur notre bonne vieille terre.   A Sumatra,ma facon de marcher me surprend.Je me fait penser a un homme ivre,pourtant je ne le suis pas bien sur.D'ou me viens cette facon de zigzaguer,de buter contre des obstacles,de m'accrocher les sandales,de jouer de mes bras comme un singe,de faire des gros sourires en motrant le plus possible mes dents,qui sont pourtant une des affaires les moins belles que je puisse avoir. A+  Bengkulu(Ouest Sumatra)-Jogyakarta(Centre Java):(600km en bus)/101/103/69/89/108/un jour repos,cause tourista/113/100/134 soit 827km en 10 jours.Sur la route frequemment des mini-barrages signales par un drapeau ou d'autres petites choses,quelques locaux sont la a faire la quete de Rouphia aupres des gens circulant,avec des corbeilles,des filets a papillons.Enseignement musulman de la charite.Les habitants de Java sont moins excites et chaleureux a ma vue que ceux de Sumatra.La surpopulation,la proximite de Djakarta,le traffic routier abrutissant expliquent sans doute ceci..Les "Hello Mister" deviennent rares..Des grands supermarches modernes dans les grandes villes,des superettes impecables dans chaque bourgade,le pays est a l'heure du monde,a celle des produits et de l'argent.J'ai renoue avec la joie d'une nuit sous tente,depuis le Sichuan(Chine) je n'avais plus deplie la guitoune.Petit hameau dans les collines,des barraques pres de mon campement,deux fillettes m'indiquent un puit pour ma toilette.Adorables elles se proposent de m'aider pour dresser la tente.J'ai vu des petits groupes de punks,5 ou 6,le longs des boulevards dans les cites.Ils sont la avec de tres petites guitares a faire la manche.Je les prends en photo,ils me reclament "makan"=manger.J'ai vu d'autres jeunes aux allures plus ordinaires qui boivent de grandes bouteilles de biere assis sur un bout de trottoir,ils se font petits,honteux d'eux meme.Il y a un mal de vivre pour une partie de la jeunesse indonesienne.Je l'explique par le fait d'une societe a fort impact religieux,par l'heritage d'un pieux passe,la belle sagesse dominante,qui laisse la jeunesse qui entrevoit le monde via Internet,la T.V,les rencontres,en porte a faux.Ils se sentent attirer par autres choses,qui leur est difficile d'acces.J'apprecie tout les jours dans l'archipel la beaute d'ames de la majorite des habitants.Il ne faut rien changer aux fondements de cette societe mais comment aider ces jeunes.La sexualite est tenue secrete sans etre tabou.Faire saute quelques petits verrous subtilement rien de plus.Ne surtout pas donner de mauvaises idees aux extremistes musulmans.Je ne devine pas tout cycliste ecervele.Il doit se passer beaucoup dans l'art de la cachette.Les vendeurs ambulants en motos,triporteurs,velos,de repas sur le pouce,de desserts,de glaces sont innombrables.Ils sont une institution,de la couleur et de la vie coutumiere.Ce soir,hasard de ma route,hasard comme le plus souvent,je me trouve dans un hotel tres original,rustique et artistique.La maison d'un artiste talentueux est maintenant un lieu d'acceuil qui vivote.Portes sculptees extraordinaires,un travail de saint patron.Si toutes les portes indonesiennes etaient ainsi,tous se sentiraient responsables d'une oeuvre tous seraient en quete de plus,d'apprendre.Tables,chaises issues des arbres,du sciage et du laisser  brut,transformation par la dexterite de l'artiste.Ca parfume l'esprit,ca rassure,ca encourage.Une seule oeuvre en pierre sculptee,six cheveaux grandeur nature s'echappent d'un mur,le premier de droite est libre du plan,le dernier de gauche peint.La perspective est eblouissante.Une geniale trouvaille,magnifique.L'art decouvert ce soir est nouveau pour moi.Chaque culture ses creations,une diversite infinie.L'art trancende nos vies,donne sens,rend beaute,eleve l'ame.Quel dommage que l'homme se plait dans la facilite du commerce qui aplatit l'ame et trop peu dans la creation artistique qui exalte a jamais,sans fin.Pourquoi dans le monde actuel l'art veritable est si rare,en deperdition.Nous sommes une parenthese dans le temps,une saison d'hommes,peu semblent le savoir.Nos ancetres nous ont legues des tresors,que sommes en train de leguer aux generations futures.Par ailleurs je me dis que je n'ai pas le droit de critiqer les hommes et leurs societes.Sans eux et elles,il y a moi et rien.Vous etes mes joies,mes peines,mes bonheurs,mes souffrances.Nous sommes tous ensemble.Aimer,pardonner,vivre. Quatrieme soir a Java,380km sur l'ile,je suis tres affaibli par une tourista,il n'y a pas d'hotel dans le village.Je me suis installe dans une salle de la mosquee sur les tapis avec des Corans autour de moi.C'est loin de l'ideal.Un muezzin incante et chante amplifie fort,un homme derange me rejoint,parle seul tres fort et fait de droles de mouvements en guise de prieres.L'idee qu'il reste ici cette nuit m'effraie.Il repart.Un policier,un professeur d'anglais et quelques curieux viennent me voir.Controle serieux presque severe,Le policier n'a jamais vu de passeport.Par la traduction de l'enseignant je dois lui fournir de fastidieuses explications.Enfin apres une heure vraiment longue,je quitte la salle avec le prof. qui m'invite chez lui.Providence.Le precepte"laisse passer un moment difficile,un bien meilleur suivra se verifie une nouvelle fois".Je resterai deux nuits separees par un jour de bon repos.Le couple de 52 et 45 ans a trois beaux enfants de 4,12 et 17ans.Ce sont des gens modestes,simples et chaleureux.Leur petite maison est un peu miserable mais leurs esprits sont riches et positifs.Ils fabriquent des confiseries maison pour du beurre dans les epinards.Tres proche l'ecole primaire,nous nous y rendons avec mon hote.Assis au bureau a quatre planches du professeur je me presente devant une classe d'eleves de 12 ans en tenues de scout.Chaque vendredi ils se parent de cette panoplie.Toutes les classes sont en recreation prolongee,personne n'a l'air de rien faire.Rien a voir avec la rigueur des ecoles chez nous.Manque de discipline et de serieux chronique.Les profs se la coulent douce,nous prenons un cafe ensemble assis sur de vieux sofas.Mon hote chome aujourd'hui parce que je suis la.On laisse faire la pagaille et on trouve ordre la dedans.La maisonnette prends soin de moi,the chaud,riz vapeur,poulet froid et oeufs durs sont bons pour mes intestins detraques.Plusieurs sacs de riz de 50kilos sont empiles en bas des escaliers,prevoyance de gens modestes au coeur bon.Je suis bien sous ce toit,ils sont heureux avec peu,leurs mines sont radieuses.En duo avec la fille de 12 ans nous marchons quelques cent metres jusqu'a la superette.Elle est aimable,jolie,tendre.Je lui offre de remplir mon panier a sa guise.Lait en poudre,boisson aux cereales,nouilles deshydratees,bonbons a la menthe pour un total de 55 Ruphias.Du plaisir simple pour tous.Je prefere mentir sur qui je suis.Marie?Oui.Enfants?Oui.Travail?Oui.En effet,la societe indonesienne est tres traditionaliste,le mariage et avoir des enfants est vecu comme une affaire obligatoire,avoir un travail est une evidence.Sinon on vit mal,on est exclu,maginalise,deconsidere.De nombreux indonesiens,les males,se balladent avec des guitares,la plus grande partie ne sait pas ou peu en jouer.Ils semblent fiers d'eux,tant mieux,vraiment tant mieux .Le centre de Java est plus cyclable,moins vallonne,il y a plus de velos en route.J'ai croise une dizaine de Vetetistes,engins neufs,maillots,cuissards,casques.Qu'ils etaient amusants comme egares dans leur propre pays.Dans les villes,les triporteurs a pedales sont legion,ils commercent des repas sur le pouce,des desserts,des glaces fait maison. Les superettes sont toutes similaires,ont toutes les memes choses.Les employes,filles et garcons,sont sages et disciplines.Des sucreries,des gaufrettes,des glaces,du the glace,du cola...des anti-moustiques,des cosmetiques de base...Toutes les societes ont ce point commun d'avoir des produits accessibles pour le grand nombre de mediocre qualite.Que pensez de ca?Sachant que malgre cet effort pour les peuples,beaucoup toujours ne peuvent consommer suffisemment.En Indonesie il y a beaucoup de complements alimentaire, et des medicaments simples dans ces petits self-service.C'est bien,cela permet pour la plupart d'avoir ses petits soins,de prendre soin de soi. Demander le nombre de kilometres jusqu'a la prochaine ville c'est perdre son temps.Tres peu connaissent les distances.Un me dit trois heures de voiture,un autre six de train.Pour 70km on me dit 25km,n'importe quoi.Reellement ils n'ont pas la notion de la distance chiffree.Le kilometrage c'est de l'abstrait qui ne les inspire pas.Ils savent que c'est loin,qu'on va la-bas en quelques heures ou en deux jours.J'imagine un passe qu'on dira lointain,en Europe nous avions l'usage de la roue et de bons cavaliers,dans l'archipel ou la plus longue distance d'Ouest en Est depasse la plus longue du vieux continent,se deplacer par voie de terre etait impossible.Quelques siecles plus tard,les scooters,les petites motos,les vehicules lourds encombrent les routes etroites et peu nombreuses d'un traffic incessant affreusement bruyant.Se deplacer facilement est tellement plus important que les nuisances qu'il engendre.Sur mon velo,je ne suis pas d'accord,j'aimerai en convertir bon nombre aux velos,a la marche a pied et aux moteurs electriques.La route pour un indonesien normal c'est tout droit et dans ce sens.Ce qui compte c'est de rallier un point a un autre vite et bien.Ils me font penser a une phrase que j'utilisais enfant en me moquant de quelqu'un,'Ils ont l'air de fatigues de naissance".  Le jour ou je suis le plus mal fichu,probleme digestif et rhume,je fais mon etape la plus longue en Indonesie.La vie n'est pas une science exacte.  Le quartier des touristes a Jogyakarta,l'ambiance est minable,les vacanciers ont des allures grossieres.Ils depensent l'argent des vacances,suivent les circuits tout traces qu'ils rabachent avec leurs guides de bouquins.On ne comprends rien a un pays avec ce genre de voyage aux petits soins.Ils vont repartir et se plaindre ou dire du bien de l'Indonesie,que des paroles creuses,sans valeur.Ce genre de tourisme n'est pas une voie de progres pour     l'equilibre du monde.Des habitants des pays pauvres veulent aussi voyager,ca entraine magouille,argent sale.Le touriste tres classique ne pense qu'a lui.Quand les vacances intelligentes,l'amitie avec l'autocchtone,une communication heureuse,le bonheur de rencontrer un autre peuple.Le bidochon de voyageur se grise de depaysement,profite des zones touristiques ou tout est tres facile et honte supreme,la vie etant de 3 a 10 fois moins chere,ils est sournoisement jouisseur de ne plus compter son argent.Ce tourisme fait vivre 0,05% de la population,agace 50% du pays.A+ .Visite du palais du Sultan a Jogyakarta,le Kraton,ou vis aujourd'hui un enieme bien nomme,fut construit au 16eme siecle,avant l'occupation colonial des neerlandais.Beaucoup a admirer,des expos passionnantes,le Gamelan,orchestre traditionnel indonesien compose de percussions typique,a ecouter,la fabrication des batiks,tissus peints,et des marionettes.Nuit anime,epicee,coloree,ennivrante au cafe concert.D'un groupe de pop-jazz de bon niveau,j'ai bu le spectacle de plaisir et deux verres de biere.A+ Jogyakarta(Java)-Ubud(Bali):350km en train jusqu'a Surabaya/116/20/142/90/89/21/53 km.  Je suis assis dans le train confortable a cote d'une jeune marginale souriante de 18 ans au joli visage peau de peche.Le trajet entier elle correspond par SMS avec son copain sur sa petite ile natale pres de Singapour.Elle me donne une oreillette de son lecteur pour ecouter ses morceaux de rock ensemble.Je m'amuse,j'ai l'age de tout les ages.Elle se prenome Diana car sa maman adorait la princesse,cela l'indiffere semble t'il.Six du matin a la gare de Surabaya,la clarte du jour nouveau est mate,mon velo et mes quatre sacoches font le trajet en camion pour 10mille Rouphia soit environ 8 Euros.Je dois attendre,un homme m'invite pour un cafe,il apprends le francais a l'alliance et veux bavarder avec moi.Je parle lentement,j'articule un maximun.Me voila un prof d'un genre nouveau.Le velo est la sur le quai,lorsque je me separe de lui et que je retrouve,j'ai des emotions de fiance.Les sacoches arrivent une heure plus tard.Je n'ai dormi qu'une petite heure dans le wagon,vais-je alle loin,tenir le coup?Oui je ferai 116km.Deux cyclistes indonesiens rentrent a la maison,nous faisons quelques kilometres ensemble.Je fais l'effort de les aimer,en general sur ma selle je ne veux jamais de compagnie.Un V.T.T et un course tres amusants,un peu idiots aussi.La petite route montagneuse vers le volcan Bromo est tres en pente,30 km de grimpee continue.Je suis salue par les riverains,beau et valeureux velovoyageur a l'energie tenace.Un arret a une cuve d'eau pour m'asperger,ils sont assez sauvages,gentils et niais les gens d'ici.Une fille de moins de 20 ans me jette des sourires en coin,part,reviens,recommence.Elle joue a la vieille chatte.La nuit me stoppe.Providence,une gargotte.Soupe de nouilles et boules de viande de poulet,biscuits,the,c'est O.K pour l'estomac.Je dresse la guitoune derriere la petite ecole,quelques uns me regardent m'installer avec ma lampe frontale.Ils ne  cherchent pas a me parler,des idiots.Il me reste 20 km pour rejoindre le village etape pour aller au volcan.Je traine avec les minutes,me rendors,masse mes cuisses cylindres des kilometres,range lentement les affaires.Tres souvent passage raides a plus de 15% de 100 a 350 metres,en danseuse,petit braquet, concentre,regulier,plie sur le guidon vers l'avant pour une meilleure pesee sur le Vitus.A Cemoro,2000m d'altitude,je monte la tente a l'ecart du village agite,sur un terrain cendreux recouvert de touffes epaisses d'herbe molle,bien expose.Dans la region escarpee,on cultive les legumes(Choux,carottes,salades,pomme de terre...)pousse formidablement sur cette terre volcanique.Les locaux sont rustiques mais non rustres,habilles comme toujours,comme autrefois,comme aujourd'hui,les deux.Des paysans simples et braves.Bottes en caoutchouc,jupes longues delavees,bandeauxautour du front...Deux femmes plus tres jeunes charrient du bois mort tenu a deux mains sur leurs tetes.La vie simple au bon air les   rend belle pour la vie entiere.A 5heure le reveil sonne sous la toile,reveil pour aller au volcan dans la lumiere de l'aube qui rehausse sa beaute.Trois km de traversee d'une mer de sable gris.Les pelerins d'un jour sont innombreux dans mon champ de vue.A cote du Bromo en activite d'ou l'on distingue un nuage grossissant et disparaissant sans cesse de fumee grise,un volcan plus grand,sans cratere,rebouche,un cone magnifique,parfait.Des petits cheveaux bates emportent des visiteurs jusqu'a la premiere des 253 marches de l'escalier qui laisse sur le pourtour du foyer a 250m plus bas,a l'interieur dans le craterePremier fois de ma vie que j'assiste au spectacle d'un volcan en activite.Il crache tout le temps et toujours une epaisse fumee grise sombre.Je suis fascine par le phenomene.Nous vivons a la surface d,une boule de feu.C'est incroyable,inoui,fascinant.Je lirai des ouvrages de geologie,je ne sais rien.Un jour de repos total sous la tente,par Toutatis que j'en avais besoin de me prelasser dans la montagne.Je decide de redescendre,je me sens trop seul et l'ambiance du village me deplait.Une guerre larvee entre ceux qui gaspillent l'argent des vacances et ceux qui entretiennent un quotidien frugal.Le Bromo est apersonne et a tous,il n'a rien a voir avec l'argent des uns et des autres.Si comme au Puy de Sancy en Auvergne le lieu etait vierge de traffics pecuniers minables,si les touristes indonesiens etaient moins bruyants et non sans arret a rire betement,je serai rester plusieurs jours dans ces montagnes de feu.Marche a pied,repos au son du vent altier,beaute de la terre,magie de la planete.La terre peut avaler un etre humain ,le bruler comme un confetti dans un feu de joie.Qu'y a t'il d'inconnu a l'homme dans cette sphere terrestre qui le feu de ses entrailles par la beances de crateres?Qu'y a t'il de connu de l'homme?La science un peu,un peu plus,le mystere inaccessible beaucoup.  Bali est une ile separee de Java par une langue d'eau de surface egale a un petit departement francais.3,5 million d'iliens,a densite egale 350 millions de fancais dans l'hexagone.Les balinais sont nombreux,sages et menent des petites vies.De ce fait,guere on est oppresse par la surpopulation.Les balinais ont des facons et des figures heureuses.des petits temples hindous,leurs autels en pierre taillee,leurs creatures deitesfantastiques scupltes innombreux.On brule des batonnets d'encens,on offre aux genies de la vie des offrandes,grains de riz et petales de fleurs sur des feuilles de bananier,des petites choses diverses.Je repense aux croix chretienne en pierre dans les hameaux francais.Fertilite du sol fabuleuse,clous de girofle,riz,legumes,fuits,fleurs,l'entiere flore poussent nets et vites.Je ceuille des mandarines,les oranges sur l'ile de Crete me reviennent en memoire.Bain de mer bienheureux,les rouleaux de vagues me culbutent vers la plage,l'eau est claire et engageante.L'air du large est vivifiant,l'oxygene de la boisphere m'astique la cage thoracique.Petit parc parfait pour camper pres d'une villa balinaise,l'idee de passer la nuit la est symphatique.Des fleurs telles des spots de sono dancing,une fontaine fantaisie inventeuse,un bassin deesse nature ou fretillent des poissons ecailles papillotes.On m'offre l'hospitalite.Le chef de famille est un fermier qui ne se plaint pas,qui peut se plaindre lorsque l'on vit sur cette ile extraordinaire.Tout les jours des touristes flanent et passent devant sa demeure.Il a deux Guides du routard de l'indonesie,connait Le creusot en Saone et Loire,Ariane en Guyane,Mitterand et Le Pen...Amusant a souhait.Hospitalite franche,sincere,dans le naturel.A Bali,on se sent comme chez soi,la vie y est douce,la detente est forcee,les peines sont escamotees.Des petits macaques barbus a longues queues s'ebattent pres de la route.Ils ont des airs aimables,la maman qui serre un bebe contre son torse a des yeux d'amour.Je me mefie tout de meme d'une mauvaise farce losque de tout pres je les photographie.Plus decontrate qu'un balinais existe t'il?Ainsi va la vie,moi je me sens bien mais stresse,bizarre un peu. Ubud,lieu de concentration de la culture et de la vie artistique,peinture,sculpture,danse,musique,theatre,et du business touristique.A la fois merveilleux et revoltant.Merveilleux car les oeuvres y sont belles,passionantes,riches de sens.Des techniques d'art usitees de formidables facons,des sculptures bois etonnement realistes ou des fantaisies oniriques,des peintures modernes aux couleurs flamboyantes d'une creativite sans relache,aux sujets si nombreux que la petite ile en devient une terre immense,des costumes de dance et de theatre extraordinaires,les orchestres gamelans dispersent des notes cuivrees et feutrees comme des souvenirs qui ne se perdent jamais...Revoltant car trop d'argent rien qu'ici,des banques,des hotels,des restaurants,des galleries,des bijouteries,des boutiques,trop.Pollution par exces du genre artistique et de ses satellites dans un perimetre reduit,par les travers engendres.Micro societe qui se complait dans une aisance factice,atmosphere etriquee,faune humaine denaturee.Les mendiants et les petits travailleurs des rues vivent bien a Ubud.Il y toujours quelques pieces en trop dans les poches d'un beaucoup plus riche.Piece unique de l'incalculable geant puzzle du monde,Ubud est un tres original lieu de plaisir,a la joie de vivre discutable,ou l'amertume se refuse.A+ les amis.


Article ajouté le 2009-07-19 , consulté 38 fois

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