L'EVASION CHINOISE/ SINGAPOUR/
Litang-Kangding(Sichuan): 72/66/55/45/54 soit 292km en 5 jours.Cinq etapes courtes mais longues par la difficultee.Je gravite entre 4000m et 5000m.Les montages sont de grosses masses arrondies,d'enormes tas sur la terre.La route en piteux etat suit les flancs et fait de longs detours pour eviter les precipices.Quasiment tout les vehicules klaxonnent a ma vue,ca m'agace ces bruits stridents et discordants qui s'ajoutent aux fracas des moteurs.Des tibetains de pure souche,traditionnels,vivent sur les hauteurs,certains campent et s'en iront l'hiver approchant.Leur look tient du cow-boy et de l'indien.Des hommes ont les cheveux tres longs,raides et noirs charbon.Leur peau est cuivree sombre,ecaillee,leurs bouches sont larges,leurs pupilles sont petites.Ils interpellent le touriste avec quelques mots incomprehensibles ou un d'anglais mal articule.Comme je ne reponds pas,jamais ils n'insistent et s'en vont leurs chemins.Les femmes sont elegantes avec le peu qu'elles possedent,de longues robes jusqu'aux chevilles en laine ou coton,des chemisiers haut sur le cou,des colliers de perles dans les cheveux.Beaucoup,hommes et femmes,arborent ostensiblement un gros chapeau rond creme a large bord.Ici est un far-west hymalayen.Des coquettes se parent de multiples bijoux,lourds pendentifs en argent faconnes tres art,colliers de perles multicouleurs,bracelets,serres-tetes,epingles a cheveux...Des font tourner un petit moulin a priere dans leur main droite tout en vaquuant.Des ont sur le chef des etoffes savamment pliees.Des moines de 8 a 100 ans se promenent dans la rue citadine,primesautiers et vaniteux. La route est belle mais le ciel gris plomb lourd menace,je croisse des velovoyageurs chinois qui vont de Chengdu a Lhassa,photos de circonstences une fois moi avec toi,une fois toi avec lui.J'enfile le poncho jaune special velo car la pluie martele et eclabousse.Mes patins de freins sur les jantes ceramiques mouillees pincent insuffisemment.Freinage a 50%.Mes pieds sont trempes.Pas pris le temps d'enfiler les sacs poubelles qui sont des guetres etanches..Chez l'habitant tibetains,11 curieux en demi-cercle derriere moi,je fais secher les chaussettes en les retournant sur la plaque du fourneau bas en acier.Cela amuse mon assistance de voir mes strategies d'aventurier du grand air.Photos de plusieurs dalai-lamas,panoplie d'attirail propre aux rites bouddhiques.Beaucoup de piete entre ces murs de grosses pierres,de la sincerite,je deviens un peu comme eux un instant trop court.Les pieds rechauffes peu de temps,il grele violemment,a 4500m je suis inquiet au sujet de la nuit qui s'approche.Dans la puree de pois sur une chaussee pleine de nids-de-poule avec des freins qui repondent mal:C'est pas la joie.20km de stress et un hameau perdu,des yaks noirs comme le cirage aux alentours.Ultime recours,je demande asile.Nuit protegee sur le plancher de l'unique piece.Pas l'eau courante,pas l'electricite,une radio et une lanterne alimentee par batterie comme seules objets des temps nouveaux.Un couple sans age tant marquee par une vie rude et un gamin de 10 ans habitent la.Il veulent 100 Yuans,je suis la poule aux oeufs d'or.Chaque jour de beaux 4x4 passent devant leur porte,des cyclistes a belles allures aussi,cela leur donne des idees confuses et mauvaises.Je feins de repartir.Non,30 Yuans c'est beaucoup mieux que rien.Je reste et heureusement car ou vais-je aller a cette heure fatigue,mouille et sans provision.Ils m'offrent du pain plat sans sel fait maison.Ca va c'est nourissant comme l'essentiel.J'echappe au pire non sans mal,la providence doit me secourir.Communiquer avec mes hotes est proche de l'impossible.Ce matin j'attends stupefait que l'on me donne enfin une tasse d'eau chaude pour mon cafe soluble. Retour d'une meteo clemente,ciel tres nuageux mais qui se dissipe avec des percees de soleil de temps en temps.Crevaison a l'arriere,premiere depuis 2800km.je n'y pensais plus.Pas de chambre a air de rechange,je dois reparer a la rustine.Galere:petite fuite introuvable sans un recipient d'eau.Des chinois bon chic-bon genre en 4x4 stoppent pour me secourir,ils decoupent une bouteille plastique en longeur,voila le contenant qu'il me faut.3/4 heure et je repars le pneu sure et dur.De partout dans le monde,je peux esperer sur des amis de passage alors que l'abandon menace.Merci a vous qui m'aimez parce que je vis avec un velo.Le cable du frein avant pete,pas de pince coupante,mon cable de rechange a 2 embouts,je ne peux pas reparer.C'est le jour des ennuis mecanique velo.Descente de 18km,je serre a bloc,sinon je m'enballe et la chute est au bout.On controle toujours sa progression,avec un seul frein c'est du risque en plus.Col a 4470m dans vent,grele et neige,mes sacs poubelles aux pieds me preservent de ce que je ne veux pas imaginer.Il neige de trop,j'ai froid,il est trop dangereux de partir dans la longue descente perdue dans la brume sans frein avant.Des campeurs font petit commerce de bord de route sous une tente de leur construction.C'est ma chance je vais planter ma toile a cote.Ils accepte mon intrusion sans probleme.Leur bicoque est faite d'un mur de fond en pierres,de branches pour charpente,d'une grande bache militaire pour tout recouvrir.Deux lits dans des caisses en bois et le traditionnel fourneau a bois avec le tuyau qui passe par un trou pour cracher dehors garnissent ce qui se veut douillet.Je me rechauffe tandis que les flocons redoublent.Il neige jusqu'a 3h,je tape de l'interieur sur la toile pour faire tomber la couche blanche sous laquelle la tente finira par ceder.Avec le couvercle de ma popotte,je racle tout autour de la guitoune par une splendide nuit etoilee glaciale.7h,je me reveille avec la belle surprise que la precipation est finie,que je vais bien et que le beau temps fait son retour.Les camions roulant durant la nuit ont fait chasse-neige.La route est pratiquable.The,chaleur du fourneau,pliage de la tente detrempee et adieu mes sauveurs nomades chinois-tibetains des altitudes.Descente perilleuse,je me sers des semelles de mes bonnes sandales pour remplacer les patins avant manquants.Petite ville,achats de bouche:Bananes,viande sechee,brioche,lait parfume,chocolat.20km deux fois sur la pire mauvaise piste de tout mes parcours velo.Sol dur,pierreux,rocailleux,des angles,des bosses,des trous,des flaques,de la boue,traffic routier important et il pleut fort.C'est un cauchemar.Arret dans un hameau,j'entre dans l'etable d'ou un large escalier droit de bois monte a l'etage habite.On accepte de m'heberger avec enthousiasme.Ils voient souvent des cyclistes s'ebattre sur la tres mauvaise voie alors c'est evident qu'un jour il faudra en heberger un.Le lieu n'est pas des plus propre,une vieille femme se mouche dans sa robe,l'autre crache contre un mur,le chat etique miaule infatiguable et assez affame.Je partage des instants sagaces,atypiques avec ces paysans tibetains.La vallees est belle,des yaks broutent l'alpage des pentes abruptes,des cimes en dents de scie sont recouvertes de neige fraiche,la large riviere coule intrepide et grondeuse.Sur la piste,les vehicules zigzaguent de droite a gauche et l'inverse,c'est l'anarchie routiere a la recherche du meilleur passage.Je partage avec mes hotes un plat de pate:Le lard est fondu dans le creux d'une tres grande poelle,on ajoute plusieurs litres d'eau,puis de l'ail hachee,1/4h apres on y trempe pour cuisson deux paquets de spaghettis blancs et plats.Une platree pour l'entiere fratrie sera bientot prete.Je donne des bouts de lards et un morceau de beurre au minou squelettique que tous semblent ignorer.Deux buffets bancals,le garde-manger,du lard,une motte de beurre,du fromage de yak en lamelles...Je suis chez d'authentiques montagnards.Encore 20km sur l'horrible voie,je me suis resigner a faire ce parcours avec calme.Meilleure facon de preserver mon energie,d'eviter le stress epuisant.Ce voyage est aussi une lutte avec moi-meme,je dois m'adapter,etre une fois un tel,une autre fois un autre,je dois etre ceci et son contraire,cela et l'oppose.Mon parcours est une lecon de vie presque sans objet,qui ne trouve aucune fin.Accepter les condradictions,se metamorphoser par necessite,c'est une partie a jouer pour ce voyage. Le beau temps est revenu,la chaleur du soleil,le bleu du ciel,sont les dieux de mes forces que je retrouve,que je renouvelle.Je suis sans peur,souple,fort,efficace,je pedale avec triomphe.Je suis arrive a la ville de Kangding,90 mille habitants,mes peines,mes coleres,mes douleurs de cycliste se sont evanouies.Le voyage nomade,la rencontre tres temporaire du monde des hommes multi-facettes,c'est etre pres des gouffres dangereux et pres d'havre bienheureux,c'est l'alternance du plus rude et du plus doux,c'est une agitation assoifee qui ne fait que passer. A+ A Kangding,1900 metre d'altitude,j'ai passe une journee de petit veinard privilegie voyageur toujours en fuite.Contraste total avec les 5 rudes jours precedents sur la route des hauteurs.Je regarde nonchalents les passants aux caracterisques physiques et cuturelles tres eloignees de mes origines.Je suis une ile dans la maree de la foule.L'art d'un certain bonheur des autochtones me fait du bien,me ravi.J'aurai presque besoin de souffler a l'un ou l'une parmi eux,je vous aime.Les innombrables petits restaurants et la juste gourmandise,je mange du plaisir autant que des mets.Brochettes de viande,de poissons,de legumes,d'oeufs,de tofu...c'est les quatre saisons culinaire en une.Des patisseries,plein de choses exquises que je vois pour la premiere fois tombent sous mes yeux avides.Je choisi au hasard,j'enpiffre des surprises raffinees.Les rues sont animes,l'agitation est equilibree,il regne ici un respect d'un ordre de vie qui echappe a ma comprehension.Je m'amuse beaucoup a comparer les habitants d'ici avec le francais ordinaire.Ce qui est follement drole est que le chinois classique est un peu comme le franchoullard et beaucoup pas du tout.Les cireuses de chaussures tricotent sur le trottoir,patientent jusqu'au prochain client.Un reparateur de bicyclette s'est amenage un bout de trottoir.Le voir a l'ouvrage et ses nobles intentions en font un homme a la belle aura.Les gens sont heureux,ils ont le plaisir pratique.Ni bon,ni mauvais detour,la satisfaction tranquille,des recettes joyeuses a portee de mains,les gens arpentent les rues sans quete,dans la quete.Une douceur certaine m'enveloppe,je suis quelque part en levitation,je suis quelque part en Chine.A+ .Kangding-Chengdu:101/104/114/27km,20 heures sur la selle a une moyenne de 17,3.Je renoue avec du cyclotourisme agreable,apres le parcours haut-montagnard entre Dali et Kangding,18 jours en altitude superieure a 3500m dont 12 jours de velo terriblement compliques et eprouvants.Fini les horribles pistes,des bonnes routes,beaucoup de descentes,je perds de l'altitude,je m'en vais des hauteurs terrestres.Un jour et demi dans les derniers escarpements de l'Est hymalayen,des gorges profondes qui fendent les massifs,l'horizon qui file loin entre les pentes et les sommets.De multiples villages aux petites maisons sans etage de briques et de bois,aux tuiles moussues.Le bric a brac chinois,le desordre organise.Des gargottes avec de jolis poissons peints sur les vitrines au bord d'un large torrent en fuite dans la vallee.Des anciens en casquette Mao,en velours chauds,simples et reflechis.Le charme et l'exotisme chinois me prend comme un etau.Je regarde comme si c'etait un musee a ciel ouvert,comme voyant des tableaux de maitres naturalistes,tel un vieux film mis en couleurs.Dans cet immense pays,j'ai des sensations metaphysiques et astronomiques.Je suis une minuscule creature sur une terre sans fin,je suis un vivant indetermine,je suis une marionette animee par des forces cosmiques. Ce soir halte dans un petit bourg a 130km au Sud-Ouest de Chengdu,ils ne voient que tres rarement des etrangers ici,ils font semblant de ne pas etre etonnes.La surprise est contraire a leur orgueil.Je veux des pates,dans 2 gargotes il n'y a que du riz dans des baquets ronds en bois,ca ressemble a des petits tonneaux a vin.Dedans de la cereale pour toute une clientele,il est a point,ni trop collant,ni trop sec. Les chinois sont surs d'eux-meme,ils croient beaucoup a tout ce qu'ils font.Ce sont des consommateurs sans vergogne sans doute sur les biens perissables.Tres moutons disciplines,le sens critique de soi-meme est peu etendu.Ca entraine et bons et mauvais cotes.Ca depend beaucoup de la marche de la societe digere tout,de ce qui vient d'en haut.des regles et modes que l'on suit..Il y a un serieux probleme ecologique en Chine:surconsommation,surpopulation,industries,trop de vehicules.Le jour ou dans le pays on adoptera un politique verte et bio,ca viendra,il est probable que l'entiere population dans un meme elan se lance dans un mouvement positif.Les 20 derniers kilometres avant Chengdu centre sont une tres vaste zone urbaine en partie habitee,en partie en construction.une multitude de buildings hauts,de petits gratte-ciel,l'ensemble est impressionnant.Le paysage entierement refait par la main humaine.Les espaces verts ont quelque chose d'artificiel.C'est de l'aseptise urbain sans concession.L'homme se veut maitre de tout,comme il aimerait etre maitre de l'univers.Mais il s'arrete ou il ne peut plus.Le chinois est un humain-faisant centriste.Chengdu est agrable,pas trop bruyante pour sa taille,neuve,moderne,presque tres propre.Les habitants ont l'art d'influer une harmonie dans leur cite.Ils ont le don du rythme doux,ils se preservent de ne rien bousculer,ni le temps,ni les choses.A+ mes amis lecteurs. Petite promenade de nuit dans les petites rues du quartier,il est 22 heure,le plus gros de l'heure ou les habitants de la ville profitent de la soiree douce.Profusion extreme de restaurants en tout genre,le chinois voue aux repas de l'adoration.On mange le plus souvent en groupe,on se partage des petits plats poses ensemble sur la table,chacun pioche ardemment avec les deux baguettes dans les preparations.L'animation tient en bonne partie de ces longs instants d'ingestion.Les petits commerces sont ouverts jusqu'a tard et le tres convenu citadin poursuit ainsi dans la nuit avancee ses petites preocupations domestiques et quotidiennes.Ce n'est pas original,c'est redondant,c'est formate,mais je suis sur la planete Chine,depayse beaucoup et joyeux de quelque chose.A+ Chengdu-Loping:134/83/70/73/106/118/32km(Arret cause pluie). Mon parcours chinois est monotone et ne l'est pas.Il l'est par la solitude totale de ma condition de voyageur en velo dans cet immense territoire,il ne l'est pas par la variete contrastee des routes,par l'alternance des villes et des campagnes si differentes en cette terre continent.Jamais je n'ai avec pareille acuite eprouve la difficulte d'accepter la difference entre des hommes et moi-meme.Le fait d'etre clos dans une presque totale impossibilite de communiquer y est pour l'essentiel.Je ne recois pas d'autrui ma dose habituelle de satisfaction alors je deviens rebelle,revolte,mais avec derision,non serieusement car la Chine m'apporte un depaysement plus total tres interressant,ni je n'aime,ni je n'aime pas,j'eprouve la vie qui passe,qui se presente avec force.Les Chinois menent des vies a la baguette.Ce n'est pas qu'un calambour.Le concret et le vide du Tao,le souffle universel.Le peuple est regimente,tout est refere.Sans reference,le chinois perd tete et esprit.Les plus lettres ont appris tant d'ideogrammes,tous differents,qu'ils en sont a jamais eblouis.Une memoire d'elephant est necessaire. Les routes sont une succession imprevisible de voies des meilleures aux pires.Je suis la meme direction principale tracee exacte sur ma carte.100 kilometres:Je suis sur une autoroute parfaite,puis une route a l'etat passable,puis une autre mauvaise,et encore un chemin,et maintenant une piste a peine praticable.J'ai pedale 45km sur une voie au bitume arrache pour reconstruction,ce qu'il y a de pire.Des groupes d'ouvriers et d'ouvrieres,des manants,des corveables,des demi-indigents s'activent;Ils transportent des pierres dans des chariots a grandes roues et a timons.Les metiers sont tres mixtes,le plus clair du temps la femme est l'egal de l'homme.Le pays est en chantier de partout,mainte et mainte places ou la terre est remuee.Le camion benne est en vedette.Camions,bulldozers,betonnieres,grues,pelles...les ouvriers:L'orchestre est en place.Ils construisent les routes quelque peu a la facon dont nous les maisons et les maisons comme nous nos routes.Y'a un peu de ca.Drole?Les grandes villes sont des monstres de beton(immeubles de 30 a 60 etages).Un equilibre entre les masses,l'espacement,une equilibre harmonique,ils en font fi.Les espaces verts manquent ou sont tristes et negliges.La petite famille classique habite une case,a tel etage,de leurs fenetres rien a voir sinon les autre immeubles aux couleurs livides,et le vacarme du bas a entendre.C'est leur vie,je prefere la mienne.La cite est avant tout le royaume commercial,la sphere des petites ventes et achats.Des vitrines brillantes neuves sans discontinuer,les marchandises le plus souvent de qualites mediocres sont empilees,entassees consciensieusement.Materialisme et fetichisme des materiels,produits et materiaux. Depuis Chengdu(740km),j'ai eu sur mon itinerire un seul cyclovoyageur.Un bejinoisd'environ 35 ans,il allait a Lhassa depuis chez lui.Avant Chengdu,j'ai croise en l'espace de 5 jours,plus de 50 cyclistes chinois,tous en V.T.T,sacoches a l'arriere.C'est un pelerinage que d'aller a la capitale tibetaine.Ils me font penser dans un tout autre genre aux pelerins de Compostelle.Depuis 8 jours,je n'ai pas prononce un mot en francais a autrui,je n'ai presque jamais rien dit a personne.Une tranche d'isolement qui me parle.La Chine est le 46eme pays de passage sur mon velo,c'est le premier ou les enfants,les ecoliers,demeurent sans reaction a ma vue.Ils sont mefiants,soupconneux,peureux.Peut-etre me comparent-ils sans en avoir l'air avec des choses a eux et un simple cyclistes avec des sacoches n'a rien d'excitant.Le voyage,l'aventure,la boheme,la beaute sauvage n'inspire pas le chinois. Le ciel est une chappe grise laiteuse depuis 4 jours,le paysage est estompe,les montagnes sont des draps decoupes;Un decor d'ombres chinoises.Je comprends desormais le pourquoi de l'expression.A l'extreme Nord de la province du Sichuan je traverse des villages detruits par un temblement de terre il y a un an de cela.Reconstruction generale,tas de pierres,de briques,de sables,de gravat,betonnieres,camions a l'arret encombrent la chaussee.Des hordes d'ouvriers,d'ouvrieres ne menagent pas leurs peines.Un tremblement de terre c'est la planete sans merci,c'est le drame absolu qui arrache a la vie plein de gens au meme endroit.J'espere qu'ils reconstruisent du solide.Les paysages de moyennes- montagnes sont resplendissants;Des petites parcelles de cultures bien delimitees a etages,tres peu de betes a traire;Le pays n'est pas laitier.Il parait qu'un chinois sent les occidentaux avec une odeur de lait.Quelques vaches de couleur limousine broutent de tres petits pres en bord de route.Un homme en promene une muselee a une corde.Petits arbres,epineux,plantes recouvrent les collines d'une toison verte.Les montagnes dessinent des contours infiniment decoupes propres a stimuler l'imagination visuelle;J'y vois des dinausores.Les chants d'oiseaux sont geniaux,c'est du Mozart.Des odeurs de nature et d'activites humaines me reviennent du fond de ma memoire,je les ai connu dans ma lointaine enfance.Phenomene etrange,je n'ai pas d'explication.J'aime ces effluves diverses,qui sont pour moi pures,comme si elles avaient traverser le temps pour me retrouver.Etonnant...Arret peti resto.,5 tres jeunes filles(environ 15 ans) ont le gentil culot de s'asseoir a ma table.Je les trouve tres droles.Elles me montrent leurs cahiers d'anglais mais le parlent a peine.Elles me regardent manger maladroitement avec fourchette et cuillere mon bol de nouilles blanches,plates et larges.J'ai renonce aux baguettes.Je jette des coups d'oeil,celle que je trouve la plus jolie a des taches de rousseur marron sur ses pomettes rebondies,c'est charmant. A la campagne,dans les villages,beaucoup sont modestes,humbles,simples et tres honnetes.La grande qualite d'un chinois est l'honnetete.Bon nombre ont des looks,des degaines,des allures,des tenues,des facons,des airs,des styles,tres typiques,pittoresques.Je revoie des images vu sur des livres de mon enfance,a cette prime epoque je me transportais dans des reveries que je voulais rejoindre.37 ans plus tard,j'ai fait le trajet. Les paysans etalent la paille sur la route,les vehicules font moissoneuses-batteuses. En Chine peu d'emulation individualiste,pas d'agressivite,c'est contraire a la culture,il n'y a pas de cette seve dans les racines du peuple.Le sens de la communaute est etendu.Personne ne s'ignore,tout le monde est sur le meme plancher de vie.Il y a un souci de neutralite,de ne pas choquer l'autre.Ils vivent avec une volonte d'egalite entre eux. Les ideogrammes ce n'est pas un alphabet,des sons reproduit par des lettres.Chaque represente une chose,une idee,une qualite,une facon de prononcer.De la,la psychologie chinoise que nous trouvons si particuliere et la difficulte de communiquer avec eux intelligemment.Il y a 56 mille ideogrammes,beaucoup ne sont pas usites et archaiques;6000 suffisent a un bon niveau d'instruction. Le chinois me desespere,ses valeurs sont a l'encontre des miennes.Il est materialiste,moralisateur,populeux,peu reveur,peu philosophe,sans audace,il a besoin de reperes sociaux toujours,d'une vie d'habitudes programmees,sa vie amoureuse est cerclee de prejuges. EXTRAITdu livre "le dit de Tianyi"(prix Femina 1998) de Francois Cheng:"Chinois etre a l'esprit planant,vierge de tourments et denue d'interrogations,au visage lisse et plat,beatement souriant.Fait d'une autre substance que la chair et le sang.Son language doit etre delie,naturel,sans efforts accumules,sans formes construites,d'une simplicite un peu naive et son propos doit se ramener a quelques aimables sagesses.Un etre primaire en somme,destine a etre maintenu dans sa rusticite native,condamne a etre depourvu de passions et de quetes plus aventureuses qui le meneraient vers d'autre metamorphoses". A+ Loping-Xi'an:125/79 km;Chengdu-Xi'an:940 km en 11 jours. Je suis passe dans des gorges belles et sauvages,pas meme une maison,pas meme un poteau electrique.La riviere-torrent et la route etroite qui la longe en surplomp,un entonnoir long qui tranche des versants abrupts envahis de vegetation,le vert des montagnes et la ressonnance du cours d'eau,un bain de fraicheur peu derange par de rares vehicules.Soudain au coeur de ce no man's land une station touristique,un bon restaurant,des jeunes femmes en tailleur bleu marine,bas et escarpins,maquillees de bon gout me servent mon meilleur bol de nouilles du parcours chinois. J'ai trouve l'auberge de jeunesse a Xi'an indique par mon guide de voyage(il m'est archi utile) sans detours,en depit que je sois un fetu dans une enorme botte,et grace a ma boussole.Sans elle dans le grand pays aux idogrammes,je serai souvent a la derive.La ville est peuplee de plus de 6 millions d'ames,elle est le terminus historique de l'ancienne route caravaniere de la Soie.Des vestiges historiques sont a visiter:Les remparts de 14km de perimetre,la grande mosquee,des tours ,des temples,des pagodes,des musees.Xi'an,ville chinoise par excellence,du clinquant commercial qui peut effrayer,des hauts buildings d'epoque recente,enfouis dans cela du plus vieux et de rares quartiers anciens comme en fin de vie.A+. Bain de foule dans les rues de la culture tout commerce,je suis fourbu de cette echappee qui n'a valu que par l'incroyable du jamais vu,de la premiere fois.Des supermarches de telephones mobiles,des dizaines les uns a cote des autres;Des Mac Donald americain et chinois:Des magasins de vetements de mauvaises qualites pris d'assaut;Des echoppes de maroqinerie mediocre,d'autres de souvenirs insipides;Et d'autres encore de pacotilles...Tout le monde propret,troupeau en ronde souriante,un peu d'exitation,la jeunesse a l'heureux petit conditionnement.Dans cette melee,un vendeur tete basse de chiots au milieu des passants et un chanteur guitariste a l'assistance formant un large cercle,font exception.La Chine et son commerce extravagant de peu de qualite,pays ou l'on oublie trop facilement le passe,les anciens temps,ou la culture traditionelle s'egare.Il y a un vide certain de pensees et un plein envahissant de denrees monnayables.A+ J'ai trouve une sous marque de "La vache qui rit"(15,8 Yuans soit 1,80E) au plus grand supermarche de Xi'an.Je suis sur mon petit nuage,il y a deux mois que je n'ai pas mange du fromage facon francaise.Je monte de suite dans mon dortoir m'en tartiner sur du pain de mie.A+ Xi'an-Pingyao en train de nuit,environ 450km,9 heures et quart de trajet. Un episode aventureux dans les meandres de la societe ferroviere chinoise.Pour l'achat du ticket,j'ai un petit mot ecrit en ideogrammes pour expliquer ma requete.Parmi la foule,j'obtiens le sesame a force de perseverance,4 guichets avant de faire la queue au convenu.Service bagages:On pese,emballe,etiquette mon velo et mes sacoches.Je suis deconnecte,ne comprends pas les demarches a suivre.Le personnel ne parle que chinois,les formulaires sont en ideogrammes,les procedes me sont obscures.C'est la planante omnidirectionnelle.Le monde est ainsi bien fait que dans ma volonte de suite toujours du voyage je retombe chaque fois sur mes pieds nerveux et obstines.Une employee me consacre une heure de devouement,ecriture des formulaires,emballage des bagages dans un sac de jute cousu a l'aiguille,paiement et en prime douceur et sourire.Vous les femmes tout le long de mon chemin incertain combien vos presences et secours me sont d'or.Vous etes des lumieres dans une vie d'homme,vos eclairages sont que je ne m'egare pas.Des eloges pour elles et de la fierte perso. car je sais profiter de leurs graces sans meme qu'elles le devinent vraiment.J'espere etre un passant velocipede qui vous inspire bon augure.Formidable,je n'en doute pas.Magie du voyage,de la liberte de globe-trotter. Dans le train,le wagon-aquarium,je suis seul etranger noye dans une infime bande du peuple en demi-apnee,la promiscuite est presque obscene,le rustique et le grossier est saississant,comique,comfort mental de l'inedit,du desopilant,du temps qui passe derisoire. Deux types en face de moi boivent de l'alcool de sorgho bon marche et mangent des saucisses sertis d'etuis plastiques.Ils s'allongent et s'etirent impudiques sur la banquette,je renifle leurs chausettes puantes.Je me fait petit,me recroqueville pour la commodite generale.Des employes de la compagnie font foire de posters,de torches,de casse-tetes,de brosses a dents.Le petit commerce est propage en tout lieux. Gare de Pingyao,sorti du wagon avec la sensation d'en finir avec une detention provisoire et celle alors de mesurer ma chance de libre nomade.Le velo et les sacoches arrivent une demie heure apres par le train suivant.Tout est la impeccable.Je franchis la porte des remparts de la vieille cite inscrite au patrimoine de l'Unesco dans l'alegresse,la certitude que cette vie de velovoyageur va durer longtemps encore.Pingyao,c'est me permettant une comparaison facile,la Carcassonne chinoise.Ce qu'il y a d'eblouissant ici,c'est que le plus beau de la Chine des anciens siecles a ete bonifie,exhalte,conserve et force souligne.A l'instant j'entends un enregistrement de musique traditionnelle venant du hall de la guesthouse,c'est du nectar sonore,c'est de l'art pour l'art,c'est bon pour le coeur sensible las des tapages imbeciles et ignorants.J'ecoute des cordes liquides,des doigts araignees,des ondes lumiere.A+ Pingyao-Beijing:136/91/113/109/107/105/113/74 kilometres soit 846km en 8 jours.Le plus souvent mon parcours a pour seul interet d'etre immerger dans le pays seul avec ma monture.La Chine est si vaste qu'entre deux places touristiques je ne rencontre ni touristes,ni etrangers mais beaucoup de chinois.. La route est en alternance en etat parfait et en reconstruction.Lorsque je traverse des travaux cela devient une rude croisiere.L'empire du Milieu affectionne les chantiers.Les travaux publics se font dans une logique du desordre.On casse ce qui pourrait etre ameliore,on refait tout de zero.On gaspille du temps,on en gagne aussi;Quelle histoire.Je cherche des comparaisons avec mon pays,pour me donner des repaires,pour panser l'esprit pres a chavirer.Je me chuchotte:"Aucun doute nous sommes plus performant qu'eux,nous semons du beau autour de nous.La Chine construit peut etre du pratique(de cours terme) mais tout a des allures laides".Je double une impressionnante file de camions a l'arret,bouchon de 15km.Des semi-remorque a 22 roues aux bennes en ferraille lourde,recouverts de baches;Ils crachent leurs fumees noires,abiment les routes,polluent,abrutissent,klaxonnent a longueur de temps.Je les hais,ils detruisent une part du plaisir de mon itineraire.Dans les grandes villes de larges affiches de publicites recouvrent des pans entiers de facades,le plus souvent des mannequins a l'air insipide.Des ecrans geants digitaux diffusent aussi des pubs.De l'hyper commercial,de l'anti culture,de la non pedagogie.La Chine est un etroit couloir pour l'esprit.Dans les jardins publiques on a comme l'impression que ce sont les dalles en beton qui decorent le peu de verdure.De l'anti-ecologie.Nuit dans un hotel miteux,toilette au robinet,grasse et odeurs nauseabondes a en choper le vertige.J'ai mange du choux avec du soja,un bol de nouilles au jus de viande,des crepes salees a la ciboulette,des brochettes de foie,un petit poisson d'argent embroche,un dessert qui consiste en des grains gelatineux rouges,verts,bleus sur de la glace pilees(Tres chimique et plutot bon)...Les fastfoods chinois sont des copies des chaines americaines avec les petites touches decadentes qui me sautent aux yeux.Je pense que la Chine n'ai pas sur la voie d'un avenir prometteur,je trouve que le pays patauge et le fera tres longtemps.Le pays aurait besoin d'etre tire vers le haut,devrait favoriser la spiritualite,l'ouverture d'esprit.Les chinois s'interresse beaucoup a lui-meme et encore a lui-meme,et a peine au reste du monde.Quelle a ete la revolution culturelle dans ce vaste territoire?L'aneantissement de la crativite,la mort de la libre pensee,l'interdit des idees nouvelles.Pourquoi n'a t'on pas pris une autre voie?...On detruit a peti feu les ecosystemes.La mondialisation profite a une population serieuse et travailleuse,mais qui refuse la profondeur de pensees qui la derange.Pourquoi conserver absolument l'ecriture ancestrale des ideogrammes qui est inadaptee aux autres languages du monde alors que l'on peut trancrire la langue en Pinyin(Version latanisee du chinois)? Je ne peux pas mettre de photos sur ce blog,je n'obtiens pas la page des reponses aux messages de
www.voyagesforum.com. Il ya une surveillance internet.Pourquoi?Le Net c'est la liberte de choisir dans la confidentialite.La censure ne doit s'exercer que sur ce qui est rellement condamnables.Pays monolythique,consommation facile,puerile,superficielle.Esprit du gadget,petites ames.Bond en avant du pays,pauvrete vers moins de pauvrete avec perte de spiritualite et rien qui donne le change.Confucianisme et Taoisme:Des preceptes a grand usage,du vent...Tradition peau de chagrin,manque d'immortalite de l'histoire,d'un passe vivant. Pingyao,la Carcassonne chinoise tient lieu d'exeption parmi de trop rares.La Ville Han traditionnelle preservee donne un bon apercu de l'architecture et de l'urbanisme de la Chine imperiale.C'est plaisant,le contraste est siderant avec les montres de beton que l'on construit a tout va.Quand nous repensons notre urbanisme et en finisons avec les grandes contructions d'habitats collectifs,la Chine fait l'oppose.Chine qui effraie,qui n'a pas le sens du beau,Chine a l'esthetique qui n'est pas .Le beau,c'est l'argent,ce qu'il permet d'acquerrir,du brillant perissable,du consommable;L'esprit a ras les paquerettes.La femme chinoise porte des chaussures fantaisies,a gros talons,de multiples sortes:couleurs,faconnages,matieres.Elle voue un culte a ses chaussures,le vide mental et tout le poids de la personnalite dans la couverture des pieds. Pingyao est inscrit au patrimoine mondial,heureuse initiative...C'est une miraculee,apres avoir ete une centre financier important il y a plus de 5 siecles,elle tomba dans l'indigence ce qui la sauva d'une modernisation destructive.Absurde:Ce qui n'a pu etre moderniser est rester intact et seul temoin de la beaute legue par les ans.La Chine detruit ce qui demande a bien vieillir.L'empire du Milieu c'est un habitant sur cinq de la planete,un monstre rampant parraissant innofensif mais qui inquite. 70km de bouchon,les routiers restent placides,papotent entre eux,usent leurs telephones mobiles,achetent aux marchands de soupe ambulants,aux vendeurs de fruits en 3 roues motorises,aux vendeurs a pied deux paniers suspendus aux extremites d'une perche sur les epaules.Je n'ai pas compris l'origine de cet embouteillage,j'ai cru a une greve tout d'abord.Mais non il n'y a pas de manifestation de ce genre et aucune agitation.Il est le fait d'une mauvaise gestion du traffic et de leurs habitudes desuetes.Ils m'ont protege du vent pendant quelques kilometres,je me suis faufile entre eux et n'ai perdu que peu de temps.Mais ce bouchon est ausi la raison de ma deconvenue a mon arrivee ce soir,je ne suis pas rendu dans la ville prevue.J'ai loupe une route a un carrefour et me suis dirige trop au Sud.Rallonge de 70km.Je dois me servir d'un principe m'aidant dans pareil cas,une mauvaise chose en entrainera une tres meilleure.A+ Une semaine a Beijing:Circuit en velo au coeur de la megalopole en suivant l'itineraire trace sur mon guide-livre,vieux quartiers(Haolong) pres d'un lac avec pedalos,embarcations a rames mais pas de gondoles,des pousses pousses circulent pres des berges,des chinois de tout ages sont en goguette.Place TienAmnen,photo du cycliste le portrait geant du Grand Timonier,Mao,en arriere plan,d'autres face a l'entree de la Cite Interdite,la foule est a maree haute,je suis un petit pois dans une grosse conserve pour collectivite.Visite du parc du palais d'ete,le plus grand,un des rares endroits preserves des anciens temps(Tel Pingyao bonnifie),le plus renomme a juste titre.Pekin c'est la fin de la nature,l'homme n'a pense qu'a lui,perdu le contact avec sa planete et le cosmos.Les humains detruisent,polluent,effraient.Faire du velo est un raid hasardeux dans la stereo du bruit sans cesse,crescendo,des moteurs.Inhalation des gazs sous un ciel lourd de nuages de plomb.C'est la geole pour un cycliste amoureux de la douceur des beaux paysages de la terre nature.A l'auberge de jeunesse nous sommes confines dans un minuscule dortoir a six,encercles par de hauts buildings de locations.Beton,verre,acier...qui vous transpercent.Serge,un camerounais de 33 ans,aura ete mon meilleur ami ici.Il vit depuis 3 ans en Chine,sans vraiment aimer le pays mais il y trouve contrepartie favorable a sa vie precaire en Afrique.Il pousuit un destin incertain,est en quete d'un endroit plus edenique. Vingt-cinq kilometres sur la voie d'urgence de l'autoroute menant a l'aeroport,je suis persuade d'etre un symbole de courage,de sagesses pour les conducteurs et passagers me doublant.L'aeroport,tres tres etendu hangar haut sans etage,est une contruction moderne chinoise,de l'exacerbe,quelque chose du zenith.Du 100% fonctionnel.Le chinois et le zero fantaisie,des comptoirs par dizaines,des echangeurs,des informateurs,des distributeurs,des escalators,des tapis roulants,les toilettes electroniques,les officiers,les hotesses...Je retrecis le velo le maximum possible,pedales,retro,cornes de boeuf sont otes,la selle baissee,le guidon tourne parrallele au cadre.A un sevice emballage,on serti 10 cartons autour de ma reine.Cout de l'operation:200 Yuans soit 22 Euros environ.Echange de mes derniers billets chinois contre des dollars singapouriens.11 heures d'attente sous le gigantesque dome,le Stade de france est petit si l'on compare les mesures.Air China ne badine pas avec le surpoids des bagages,11 kilos en exces me coutent 140E paye avec la CB.Je suis heureux,plus a une contradiction pres,car c'est la certitude que je quitte l'Empire du Milieu d'ou les souvenirs emportes sont ceux d'un vaillant au pedalier indestructible.Couloir d'embarquement,derniers pas sur le sol chinois.L'avion a un air de vieux de la famille,un ancien modele qui a deja un lourd passe de pollueur au kerosene brule.6 heure de vol et les dernieres entoure par des chinois,je decompresse des jours passes ou en alternance inversement mon esprit est sature.De la fatigue,ma vie de nomade se poursuivant toujours,des questions inherentes,des doutes qui passent,j'ai des instants de grandes peurs dans cet avion volant plein Sud en direction de Singapour.J'imagine une catastrophe,je sens la carlingue qui culbute.J'ai la tete folle,le corps meurtri.Le plateau repas passe l'eponge sur ces instants de panique absurde.C'est d'une drolerie irresistible de voir les passagers chinois incapables de remplir le petit formulaire de controle sanitaire que les hotesses ont distribues.J'ai vecu 60 jours illetre des ideogrammes,a leur tour a ces mandarins.Singapour,quelques degres Nord de l'equateur terrestre.6h30 l'aeroport,la nuit dure ses dernieres minutes,les jours sont constants de longueur toute l'annee,donc plus courts a cette saison ou il sont les plus longs a la latitude de la France.L'air moite rafraichi de la nuit me procure bonne humeur.Tampon d'entree au quart de tour,en prime un souriant bienvenue.Fini les controles chinois pointilleux,soupconneux,indigestes.Le pays est une petite ile surpeuplee,une sorte de paradis fiscal asiatique,un etat communiste capitaliste extreme.J'ai le jour entier pour me rendre chez Marc Piton de l'ambassade de France,c'est excellent de savoir que l'on a plus de temps qu'il n'en faut.Un heureux hasard m'a fait rencontre Claire,l'epouse de Marc,dans le Sichuan.J'ai annonce mon passage par e-mail,me voila invite chez des francais a Singapour.Voyage nomade imprevissibles successions de bonnes et moins bonnes surprises qui decuplent la motivation de poursuivre l'aventure.Faire du velo dans les rues du petit etat ilien n'est pas une senicure,les vehicules en surnombre me distinguent a peine,surhabitues a leurs trajets.Les bus me frolent,un ecart au mauvais moment et ce serait un coup de carrosserie pour ma pomme,une voiture tape une sacoche a l'avant,j'echappe a une mauvaise casse de peu.Je stoppe toutes les moins de 5 minutes pour reperage sur la carte,trop de rues,trop de noms se melangeant,trop de numerotation.Singapour,premier pays de ce voyage,a avoir une chaine de petits supermarche alimentaire a prix reduit,discount.Societe a modele occidentaux en partie,30% de la population est origaine de pays autres qu'asiatiques.Plus grand centre commercial:supermarche Carrefour,je suis de retour dans l'hexagone,au rayon fromages je suis de retour en Auvergne,dans les Alpes...Chez Marc,je mange les premiers morceaux de fromage d'appelation controlee depuis bientot dix mois de route.C'est divin,il n'y a rien de meilleur.Nous sommes francais les maitre de la planete avec ceux-ci.Marc et Claire habitent avec leurs deux enfants,un quatorzieme etages(Quizz:Combien y-en a t'il dans la ville-etat?),dans un parc jalousement securise ou se dressent phaliques des blocs,des constructions comme des jeux de legos d'adultes.J'etais seul dans le bassin 50 metres de la belle piscine,les tombantes nuits et gouttes de pluies avec moi,pacha de quelques heures,vagabond globe-trotter se trempant aux sauces innombrables de l'ordre humain en desordre.Rhoda,la servante philippine,27 ans,me preparent de tres bons repas francais.Singapour,une parenthese d'aisance au bout de 15milles kilometres le fessier cahotant sur la selle,les pieds sur les pedales,les mains sur le guidon.J'arrive ici avec un unique pantalon rapiece,un short use,ma derniere chemise.Hasard heureux,au quartier des petits commerces tout pres,je fais des affaires profitables.Pantalon en toile d'excellente qualite,1E,chemise soyeuse aux reflets dores,a la coupe ideale,2,5E,short en soie,1E.Bref,pour s'habiller bien le moins cher du monde,il faut aller a Singapour.Notre planete argent a invente,irige des societes differentes,qui ont une bonne part du gateau.Le petit etat a la pointe de l'isthme malaisien fait partie des quelques heureux.J'ai deux courtes traversees en ferry pour accoster avec mon velo etendard sur l'ile de Sumatra.L'Indonesie sera le 9eme pays de cette aventure sans regret,de ce periple admirable.A+ mes amis. Singapour et sa population melangee,les chinois,les indiens,les japonais,les autres asiatiques,et le reste du monde,l'ambiance,l'atmosphere de la ville-etat a quelque chose d'etrange;Il y a un consensus general d'entente,de calme,reposant sur le fait de se reconnaitre mutuellement vivant dans un etat favorise.J'y vois les plus hautes et modernes contructions de mon voyage en Asie,les centres commerciaux les plus prosperes,ainsi que les plus fortes concentrations humaines.L'aisance est une question d'argent,c'est la regle tacitement admise par tout le monde.Beaucoup d'arbres et leurs ombrages,des belles pelouses arrosees par une bonne pluviosite toute l'annee,des parcs...Exemple d'une tres grande ville qui a su integrer,donner une place importante a la nature.La vie ici est respirable,malgre le surnombre.La mer avec l'alize apporte sa force eternelle. Chez Marc,je partage une vie typiquement francaise.Cela reveille chez moi une bonne energie primaire qui etait presque eteinte.Ici je recharge les batteries de ma vivacite.Les fromages secs me font joyeux,le vin rouge de l'hexagone est un nectar.Mon pays c'est une belle histoire...Demain,je quitterai Singapour sans trop savoir ce que je pense.Vague a l'ame qui adoucit le coeur.A+,les prochaines lignes seront indonesienne.
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